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Godinesti -  La vie au village

Comme dans la plupart des campagnes roumaines, la vie au village est assez rude.
 Chaque famille vit de ce qu'elle produit. L'agriculture et l'élevage des animaux constituent les principaux moyens de subsistance. Le revenu moyen des familles se situe entre 100 et 150€ par mois.

 
Les Roumains ne sont pas nécessairement malheureux pour autant. Leur débrouillardise, leur résistance physique aux efforts et aux conditions climatiques extrêmes, leur caractère fataliste et surtout leur tempérament jovial leur donnent la force de surmonter des conditions de vie qui restent très précaires malgré l’évolution consécutive à l’ouverture des marchés. Par contre tous leurs produits alimentaires sont sains et de très bon goût. Tout Belge qui a fait au moins un séjour à Godinesti vous le dira.
 Partout dans le village, on voit des animaux domestiques en liberté dont le comportement particulier n’est pas sans étonner et amuser le visiteur : les oies et les canards, dont le nombre a considérablement diminué depuis l'épidémie de grippe aviaire de 2005/2006, vont à la rivière le matin et reviennent seuls par petits groupes le soir à la maison.
 Chaque famille cultive son jardin potager à la main et élève ses animaux domestiques. Le labourage de la terre se fait avec des chevaux pour les grandes parcelles. (il n’y a pratiquement aucun tracteur au village) . En été, la fenaison mobilise petits et grands. C’est le temps des chassés-croisés des charrettes  vides ou chargées de foin. Celui-ci sera stocké dans les fenils ou dressé en meules dans le jardin.
 Une sécheresse excessive ou les pluies d’orage qui  compromettent les récoltes sont craintes comme des calamités naturelles aux conséquences catastrophiques selon l’implacable logique : insuffisance de foin  = vente d’une ou plusieurs vaches = pas (ou moins) de veaux à vendre =moins de lait = moins de beurre et de fromage = pénurie. Sauf à acheter du foin « importé » d’autres régions, solution aux conséquences tout aussi désastreuses.
 Le porc est traditionnellement tué pour Noël. C’est l'occasion d'une joyeuse animation pour toute la famille et les voisins proches. Ce sacrifice signifie l’arrivée soudaine d’une profusion de nourriture, riche et savoureuse. On se gavera pendant quelques jours des abats le reste sera vendu dans l’entourage ce qui contribuera à l’amélioration des revenus de la famille.
 
Le mouton, comme dans la plupart des régions astreintes à une économie de subsistance, est l’animal de survie. On le voit en troupeaux de cent ou deux cent têtes dans les pacages herbeux des plaines et collines, gardés par des bergers occasionnels ou professionnels. 
Pâques est une grande fête dans la religion orthodoxe comme dans les religions chrétienne et musulmane. Elle est l’occasion de grandes agapes où l’agneau figure en honneur des tables familiales comme le sarmale (choux farci).
 Il n’est de repas de fête qui ne soit copieusement arrosé de vin mais surtout de tuica et de palinka. Toutes les occasions sont bonnes, mêmes les enterrements, pour lever le verre en se souhaitant « Noroc ! » ou « Sanatate ! »
 La fabrication  privée d’alcool est une des traditions auxquelles le Roumain restera sans doute le plus longtemps attaché malgré l'interdiction récente en vue de l'alignement de la législation roumaine sur les règles européennes en ce domaine.  Il n’est guère de familles qui, actuellement, ne possèdent leur alambic avec lequel elles fabriquent leur tuica, alcool blanc de raisin ou de mirabelle.
 Le judet (département) Gorj n’est pas une région vinicole. La plupart de familles entretiennent cependant une parcelle plus une moins grande (quelques ares) de vignobles pour leur consommation courante.
 Le village est situé à quelques kilomètres des  contreforts des Carpates. Le débit de la rivière Tismana qui en est issue est soumis au régime torrentiel : abondant en automne et au printemps, faible en hiver et nul ou presque en été. Cependant un petit barrage situé en amont dans le village de Tismana voisin, régule plus ou moins le débit de la rivière. Les pluies anormalement abondantes de l’été 2005 ont provoqué des inondations catastrophiques dans de nombreuses régions de Roumanie.

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