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Conscients
que ces actions de type S.O.S. ne pourraient et ne devaient se prolonger dans le
temps de manière aussi intensive, Frère André et ses collaborateurs tant belges
que roumains se préoccupèrent immédiatement de poser les bases d’actions en
profondeur et durables.
L’aide
humanitaire du premier degré, mise en place, il fallait songer aux besoins
secondaires : instruction, ouverture sur le monde, apprentissage de la
démocratie, développement économique, organisation rationnelle du travail, bref
un vaste programme de reconstruction sociale qu’il fallait entreprendre dans le
respect de traditions, d’usages et de convictions profondément ancrées dans le
monde rural roumain.
Spécialisé
par son travail sacerdotal dans les problèmes de l’enfance et de la jeunesse,
frère André porta tout naturellement son attention sur tout ce qui concernait
les enfants du village et des hameaux proches : santé, instruction,ouverture sur
le monde extérieur, y compris bien entendu l’apprentissage du français.
Le premier
séjour en Belgique d’enfants de Godinesti fut mis sur pied en 1990 « afin de
leur permettre de se refaire une santé ». Beaucoup d’enfants souffraient en
effet de malnutrition.
En juillet
1991, un car roumain amène en Belgique le premier contingent d’une cinquantaine
d’enfants venus pour passer deux semaines de vacances dans des familles belges.
Les premiers
contacts directs entre enfants roumains et familles belges eurent un effet
bénéfique qui dépassa bien vite les espérances. Le « réseau » de familles
d’accueil belges, localisé au début en Ardenne, ne tarda pas à dépasser les
limites de la province de Luxembourg pour s’étendre à toute la partie
francophone du pays. De liens de plus en plus étroits s’établirent entre
familles belges et roumaines. Les enfants revinrent les années suivantes,
réinvités par « leur » famille d’accueil qui devint bien vite leur famille de
cœur. Bientôt, quelques unes d’entre elles prirent le chemin de Roumanie.
Actuellement plusieurs dizaines de familles belges et roumaines entretiennent
des relations d’amitié et d’affection qui dépassent largement le cadre de
l’action de l’asbl E.E.E.V.
On peut
estimer aujourd’hui à plus d’un millier le nombre de séjours d’enfants organisés
par l’association. Celle-ci est devenue une institution appréciée et respectée
au sein de la communauté villageoise de Godinesti et par les autorités roumaines
locales et provinciales qui leur accordent un soutien de plus en plus affirmé.
En Belgique, l’asbl est reconnue par la
Communauté Française de part son adhésion à l’action d’Opération Villages
Roumains. Elle bénéficie de ce fait de la considération du Ministère des
Affaires Étrangères et des services de l’Ambassade de Roumanie. L’une et l’autre
ne manquent pas de lui faciliter l’accomplissement des formalités officielles
dans le respect de la législation des deux pays.
Frère
André Noiset nous a quitté le 1er avril 1998. Mais son action ne
s’est pas éteinte avec lui. L’équipe actuelle dont quelques membres qui l’ont
accompagné physiquement et moralement depuis le début ou presque, poursuit
inlassable son oeuvre malgré les difficultés parmi lesquelles la collecte de
fonds et la recherche de nouvelles familles d’accueil.

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