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Par un matin glacial de janvier 1990, quatre véhicules emportant 7 personnes, des vivres et des vêtements ont quitté Fauvillers dans le Luxembourg pour la Roumanie…

L’épisode insurrectionnel de la révolution roumaine était à peine terminé que le monde ouvrait enfin les yeux sur les horreurs d’un régime dictatorial dément : un peuple affamé, des milliers de villages promis à la destruction, une économie délabrée, violence institutionnelle, corruption à tous les niveaux politiques et administratifs, droits de l’homme bafoués, bref toutes les composantes d’une profonde misère sociale dont les principales victimes furent comme toujours les enfants.

Rapidement diverses initiatives visant à porter secours à la population roumaine et notamment aux villages menacés de destruction virent le jour dans plusieurs pays d’Europe, parmi lesquels la Belgique. Ces mouvements s’organisèrent sous le nom de Opération Villages Roumains (O.V.R.)

C’est sous le couvert d’OVR qu’en janvier 1990 André Noiset, frère mariste à Hollange, hameau de Fauvillers mit sur pied un premier convoi humanitaire vers Arjoci, petit village roumain situé au sud des Carpates. Une longue aventure commençait ….

Cette expédition de 1990 (il fallait 3 jours à l’époque pour arriver à destination) fut suivie d’un second voyage en mai. En juillet déjà, un convoi de quatre minibus, baptisés pour leur couleur respective, Oranginette, Grenadine, Prunelle et Citronelle, emmenait un groupe de 34 personnes, pour la plupart des jeunes pensionnaires de l’institut Edelweiss de Hollange dirigé par le frère André.

Immédiatement l’équipe se mit au travail. La première tâche fut d’apporter une aide rapide de détresse. Des convois de vivres, de médicaments et d’habillement d’abord. Au début, on ne savait où donner de l’aide tant la misère de la population était profonde et générale. Les distributions organisées par les bénévoles belges amenaient de longues files de femmes et d’enfants à Arjoci où l’équipe avait installé son campement. Parfois ces distributions ont dégénéré en pugilats obligeant les Belges à la retraite précipitée. Petit à petit les distributions à tous vents ont été remplacées par des aides directes personnalisées avec l’aide de quelques personnes roumaines. Le pope (Mr Bivolaru), un couple de médecins (M et Mme Arjoca), des instituteurs et institutrices (Mme Véronica Vilceanu †),et d’autres ont apporté l’aide indispensable aux premiers contacts avec la population.

Par la suite, la multiplication des voyages a permis une meilleure connaissance des familles, de cibler les situations les plus précaires et même d’individualiser certaines aides. Ce fut l’époque des colis nominatifs que nous allions remettre en mains propres aux familles bénéficiaires. Ces colis étaient garnis des produits de première nécessité selon la composition de la famille et ses besoins spécifiques : médicaments, nourriture, produits hygiéniques, vêtements etc. Les cas les plus graves, tels que handicaps et maladies font toujours l’objet d’une attention toute particulière.

Ces aides n’ont bien entendu été possible que grâce au formidable élan de solidarité qui s’était développé en Belgique lorsque les abominations d’un régime dictatorial délirant furent révélées au monde occidental. Dès avant les événements de Noël 1989 à Bucarest et à Timişoara, le vrai visage du régime de Ceausescu était apparu au monde et tout particulièrement en Belgique grâce au journaliste de la RTB, Josy Dubié, dont le reportage « Le Désert rouge » fit connaître au monde occidentale déchirant appel de Donia Cornea, intellectuelle roumaine qui s’était courageusement opposée au régime et à sa police civile au péril de sa liberté et de sa vie et celles de ses proches.  Lire la suite...

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